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Interview – Le métier de Toxicologue au sein du Pôle Technique de Prévention


« Nous intervenons au plus près du terrain, là où les décisions de prévention
ont un impact direct sur la santé des salariés.  »

— Pauline BORNE, Toxicologue

Vous êtes toxicologue au sein du pôle technique de prévention. Concrètement, quel est votre rôle dans l’entreprise ?

Pauline BORNE : Notre mission principale est d’aider les entreprises à mieux comprendre les risques liés aux produits chimiques qu’elles utilisent, et à mettre en place les actions de prévention adaptées. Nous appartenons dans un pôle technique de compétences coordonné par un médecin du travail. Ce pôle est composé de psychologues du travail, ergonomes, conseillers HSE, techniciens en métrologie, assistante sociale et conseillères en prévention. Cette complémentarité nous permet d’aborder les situations de manière globale.

Comment votre équipe est-elle organisée ?

Nous sommes trois toxicologues au sein du service. Deux interviennent sur le secteur Valenciennes – Denain – Saint-Amand, et un troisième couvre Maubeuge – Fourmies – Le Quesnoy. Cela nous permet d’être proches des entreprises et réactifs face à leurs besoins.

Quelles sont vos missions auprès des entreprises ?

Elles sont très variées :

  • Apporter un diagnostic toxicologique des produits utilisés en entreprise par l’analyse des Fiches de Données de Sécurité (FDS) et des conditions réelles d’usage :
    • Conseiller les entreprises dans le choix et l’adéquation des équipements de protection individuelle et collective (EPI/EPC).
    • Évaluer l’efficacité des systèmes de captation et de ventilation au poste de travail.
  • Évaluation des expositions :
    • Accompagner la définition et la mise en œuvre des Groupes Homogènes d’Exposition (GHE), proposer les stratégies de surveillance biologique et analyser les résultats associés.
  • Réaliser des dépistages de polluants en temps réel (mesures métrologiques instantanées).
  • Conseiller les entreprises sur les stratégies de prélèvements atmosphériques et l’interprétation des résultats.

Nous jouons également un rôle de sensibilisation, en informant les entreprises sur les bonnes pratiques de prévention ou les solutions pour stocker leurs produits en toute sécurité.

Vous travaillez aussi sur des projets internes. De quoi s’agit‑il ?

Oui, nous avons plusieurs projets structurants. En ce moment, nous travaillons sur trois axes principaux :

  1. Améliorer le suivi des salariés exposés aux HAP, particulièrement dans les garages.
  2. Caractériser l’exposition aux poussières de silice, un sujet majeur de santé au travail.
  3. Créer un atelier dédié à l’utilisation de l’outil SEIRICH, pour accompagner les entreprises de moins de 200 salariés dans l’évaluation de leurs risques chimiques.

Nous réalisons également une veille réglementaire afin d’informer notre réseau des évolutions majeures concernant les produits chimiques.

Nous intervenons au plus près du terrain, là où les décisions de prévention ont un impact direct sur la santé des salariés. Chaque intervention est différente, et le contact avec les entreprises rend le travail très concret. C’est un métier où l’expertise scientifique rencontre la réalité du quotidien professionnel, et les résultats se voient immédiatement.